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Presse : La Nouvelle République 21/11/2021


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Cravant-les-Coteaux : les premières vendanges difficiles de Nicolas et Thydha Gonnin


Partis de zéro, Nicolas et Thydha Gonnin ont vécu leurs premières vendanges à Cravant-les-Coteaux. Faire du vin n’a pas tout d’un fleuve tranquille.


Dans les cuves et les barriques, le vin prend forme. Le premier millésime du vignoble Rab créé par Nicolas et Thydha Gonnin. Deux trentenaires, étrangers du monde viticole. Il y a encore peu de temps, lui conduisait des trains SNCF. Elle, travaillait dans le marketing de la mode. Ils voulaient changer de vie, sortir du train-train. Ils n’ont pas été déçus.

Avec une cinquantaine de proches, ils ont vendangé leurs 4 ha de vignes à Cravant-les-Coteaux début octobre. La douche froide, au propre comme au figuré. Avec la météo capricieuse, comme pour tous les vignerons de l’appellation, le rendement n’est pas au rendez-vous. « On a vécu un gros moment de doute, de voir que les cuves ne se remplissaient pas, cela a été dur psychologiquement. On espérait faire 20.000 bouteilles, on en fera que 12.000. »


Production en vente au printemps prochain

Ce qui n’est déjà pas une bonne nouvelle pour tout vigneron, cela l’est encore davantage quand on débute, qu’il n’y a pas de trésorerie d’avance, qu’on n’est pas issus du sérail et qu’on ne peut pas compter sur le soutien d’une famille de vignerons. Le couple se limite au « strict nécessaire », avec peu de matériel (dont une partie prêtée par des confrères) et doit faire avec un chai exigu aux contraintes logistiques.

Pas le temps de se faire du mouron. « C’est le métier de vigneron, il faut s’adapter, c’est la nature qui décide. »

D’autant que la vinification des six cuvées biologiques (rouge, rosé et pet nat) est prometteuse. « La quantité fait défaut, mais la qualité est là », sourient-ils. « Des vins sur le fruit, facile à boire, ce que l’on voulait faire. »

Malgré les aléas, les journées à rallonge et les courtes nuits (grâce à Arun leur bébé de 7 mois), ils ne regrettent pour rien au monde ce changement de vie. Thydha suit une formation de commercialisation du vin au lycée agricole d’Amboise, leur site internet a été lancé, les étiquettes sont en cours de préparation. Pour avoir des rentrées d’argent précoces, leur production sera vendue, au plus tôt, dès le printemps. Leur vin va même se retrouver sur les tables polonaises d’un ami restaurateur expatrié.


En attendant, ils pensent déjà au prochain millésime, avec un travail de la vigne tardif pour se prémunir au maximum du gel et des rangs certainement un peu moins enherbés pour revigorer les vieux ceps. « On part de zéro, on n’avait pas de recul. C’est le métier qui rentre et à vitesse grand V. » Affaire à suivre.


Alexandre SALLE

Journaliste, rédaction de Chinon

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